Abattage des platanes, quelques mises au point !

Publié le par Europe Ecologie-Les Verts Grand Avignon

Abattage des platanes, quelques mises au point !

1. De quoi s'agit-il ?

Le chancre coloré du platane se manifeste sous la forme de lésions de l'écorce, reconnaissables à leur aspect de flammèches ondulées de couleur bleu-noir. L'extension généralisée du chancre conduit à l’étiolement de la frondaison et à la perte du feuillage.
La contamination se fait quasi obligatoirement par une blessure et gagne l'intérieur de l'arbre par les rayons ligneux et les vaisseaux.

La dissémination peut avoir plusieurs origines :

Par simple contact racinaire interindividuel.

Par voie aérienne.

Par l'intermédiaire des eaux libres (ce qu'il conviendrait de vérifier expérimentalement).

Principalement à l'occasion d'élagages, ou lors de travaux de terrassement : Les agents intervenant dans la dissémination de la maladie sont tous les outils et engins susceptibles de blesser les platanes, l'eau pouvant véhiculer les spores de champignon (cours d'eau, fossés ...) et tous les débris provenant d'arbres atteints de chancre coloré.

2. Les pratiques de protection en cours aujourd'hui.


A ce jour, il n'existe aucun traitement curatif avéré.
Il convient par contre de ne pas aggraver les choses. Le seul moyen de lutter contre le chancre coloré est d'éviter toute blessure aux platanes et de respecter les mesures prophylactiques :

- Désinfecter tout matériel susceptible d'être au contact des platanes.
- Tailler en hiver (le champignon est ralenti par le froid).
- Eliminer par dévitalisation, abattage et extraction des souches, les arbres malades et leurs voisins immédiats (platanes 'potentiels").
-Brûler le bois des arbres abattus (pour cause de chancre coloré) et désinfecter tous les résidus.

- désinfecter rigoureusement les engins et le matériel d'abattage

Sont concernés tous les travaux réalisés sur ou à proximité de platanes sains ou atteints de chancre coloré : élagage, abattage, travaux de terrassement, entretien de fossés, des routes ...

Quelques questions simples s’imposent :

Faut-il abattre les platanes ?

Qu'elles sont les mesures de précautions ?

Comment protéger ces arbres ?

Quels sont les vecteurs de contamination ?

Quels sont les vecteurs de dissémination du champignon parasite ?

Y a-t-il des traitements alternatifs à l’abattage ?

Quels impacts vont avoir ces abattages "massifs" sur nos villes, villages et routes ?

Qui va payer ?

En cas d’abattage, que replanter et combien d’arbres doit-on replanter ?

Voici que l'on s'alarme aujourd’hui sur les dégâts du chancre coloré et qu’il y a soudain urgence ! ...Pourtant cette maladie est présente depuis plus 50 ans sur nos platanes !

Le PLATANE symbole de notre histoire, de nos villes et villages, de nos bords des routes et de nos parcs urbains et privés EST réellement en DANGER !

Pourtant depuis 50 ans tout le monde, et plus particulièrement les professionnels de l'arbre et les gestionnaires des espaces publics connaissent la situation devenue inquiétante (voire catastrophique !) des attaques du chancre coloré sur les platanes de toute notre région !

Mais pourquoi aujourd'hui tant de précipitation à abattre sans discernement sans vraiment se donner les moyens d’empêcher la maladie de se transmettre ?

Cela fait pourtant 50 ans que l'on élague sans pitié !

Cela fait 50 ans que l'on passe les épareuses sur les branches !

Cela fait 50 ans que l’on creuse au pied des arbres !

Cela fait 50 ans que l'on bétonne le pied des arbres !

Cela fait 50 ans que l'on étête les arbres violemment !

Cela fait 50 ans que l'on considère le platane (et les arbres en général) comme rien d'autre qu'un objet !

Et aujourd'hui, c'est toute l'histoire qu'il représente et tous les impacts écologiques et environnementaux sur l'homme, la flore et la faune qui peuvent être complètement anéantis !

L’homme est bien le principal vecteur et responsable de cette maladie !

Abattre un arbre demande 20 minutes !

Construire une page d'histoire demande 100 voire 200 ans !

3. Peut-on espérer en la recherche scientifique ?

Le 22 décembre 2015, le ministère de l'Agriculture a autorisé une expérimentation de micro-injections de fongicide sur des platanes malades du canal du Midi. Improprement appelée « vaccination », l'opération se déroulera en avril 2016.

Yves Bastié est content. Le maire de Sallèles-d'Aude désespérait d'obtenir le feu vert du ministère de l'Agriculture pour tenter de sauver les platanes atteints de chancre coloré, le long du canal du Midi. C'est chose faite. Par arrêté du 22 décembre, « une expérimentation peut être réalisée sur des platanes situés en zone délimitée dans le cadre d'un protocole d'expérimentation approuvé par le directeur général de l'alimentation. Cette expérimentation fait l'objet d'une surveillance par les services chargés de la protection des végétaux ou sous leur contrôle », notifie le ministère.

Autrement dit, le Centre d'expertise en techniques environnementales et végétales (Cetev) va pouvoir tenter d'enrayer la maladie par micro-injections – 2 à 3 cm3 – de fongicide.

L'expérimentation aura lieu au moment de la montée de sève, c'est-à-dire au mois d'avril.

Plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de platanes vont donc bénéficier de ce traitement au fongicide. Et bien que les résultats soient interprétables à la fin de la première année, il faudra patienter trois ans pour que leur fiabilité scientifique soit reconnue. Le test sera pratiqué sur des arbres déjà atteints, mais à un stade précoce, ainsi que sur des arbres sains situés à proximité de platanes malades.

« On ne sait pas ce que ça va donner, mais au moins on aura tout tenté », commente Yves Bastié. En cas de succès, ce traitement pourrait offrir une alternative à l'abattage, seule méthode jusqu'ici connue pour tenter d’endiguer la propagation de l'épidémie.

Les maires de certaines villes se sont battus pour tenter d’enrayer la maladie par une autre méthode que l’abattage systématique, contrairement à Avignon où Cécile Helle a fait de l’excès de zèle en abattant sans discernement des arbres sains à plus de 35 m d’un arbre contaminé (parfois plus de 50m). Pour éviter toute contestation, elle a même été jusqu’à la rupture avec les écologistes (alors qu’elle avait signé un engagement pour la mandature). En effet, deux élus écologistes qui demandaient un report de quelques mois, pour ne pas abattre en période de nidification (en principe, cela aurait dû être interdit) ont vu l’ensemble de leurs délégations retirées pour avoir osé demander un temps de réflexion.

Cerise sur le gâteau, si l’on peut s’exprimer ainsi, lors de l’abattage des platanes sur le cours Jean-Jaurès et Kennedy, les bouches d’égout n’étaient pas bouchées (une quantité importante de sciure y est entrée), cela s’est fait en pleine montée de sève (moment le plus contagieux) et la sciure volait partout sur la route et les passants. Cet abattage a probablement plus contaminé les autres arbres que la contamination racinaire.

L’éviction des deux élus écologistes de la majorité municipale à Avignon, aura au moins eu le mérite de limiter le zèle de la mairie qui dit ne plus abattre désormais à 50m d’un arbre malade pour « épargner le maximum d’arbres sains » et de ne plus couper au printemps pendant la période de nidification (ce que demandait les deux élus écologistes). Ceci étant, cette année, avec un hiver qui ressemble à un printemps, les oiseaux sont en avance. Peut-être qu’une petite visite aux arbres qui doivent disparaitre, pour voir s’ils sont occupés, serait souhaitable.

Enfin, les élus écologistes ont aussi fait comprendre qu’il faut varier les espèces afin d’augmenter la biodiversité et éviter d’autres épidémies qui pourraient décimer une trop grande partie du patrimoine végétal.

Depuis les années 70, la seule alternative est l’abattage et la contamination continue or, il faut parfois remettre en question la pensée unique de soi-disant spécialistes qui en fait ne savent pas vraiment comment enrayer le processus, ou ne veulent pas dire clairement que la principale raison de cette contamination est le mauvais traitement infligé aux arbres (travaux, élagages violents…)

4. Que faire à Avignon ?

Arbres contaminés : Par rapport à la situation actuelle sur Avignon, il est clair que les arbres contaminés doivent être malheureusement abattus. Ces arbres doivent être abattus en priorité, car ils représentent un danger. En effet, un arbre contaminé est plus fragile et de grosses branches risquent de tomber et de blesser des personnes.

Arbres sains : Nous sommes en accord avec M. Fidenti, représentant l'association du quartier des halles, qui demande une réflexion avant l’abattage d’arbres sains sur la place Pie, sauf à identifier un sujet potentiellement dangereux pour les personnes. Pour éviter la contamination racinaire, on peut envisager dans un deuxième temps d’abattre les arbres qui sont en contact racinaire direct avec les arbres contaminés. De toute façon en 2016, la municipalité n’a pas les moyens financiers de couper tous les arbres malades et les arbres sains dans un rayon de 35m autour d’un arbre malade. Il est prévu d’autres abattages l’an prochain.

Puisqu’on ne peut pas tout faire d’un coup, le principe à retenir est une priorité dans l’abattage. La principale priorité dans ce cas, c’est la sécurité des personnes. De plus cela donne le temps de la réflexion pour le cas des arbres sains et laisse la possibilité d’envisager des traitements alternatifs pour ces derniers.

L’urgence c’est aussi de mettre en place une charte de l’arbre en ville, associant les associations écologistes et de la protection des oiseaux, afin d’assurer qu’un arbre ne sera coupé que si cela est nécessaire, jamais en période de nidification, sauf danger immédiat pour la population et surtout prévoir un règlement qui protège les arbres des blessures lors de travaux et des tailles. Enfin, prévoir de remplacer tout arbre abattu par un, voire deux arbres, dans un périmètre tout proche, en concertation avec les associations et les riverains.

L’urgence, c’est aussi de demander à pouvoir expérimenter les traitements alternatifs à Avignon. Avignon possède un centre de l’INRA et fait donc de notre territoire un excellent choix pour l’expérimentation.

Nous demandons à Madame le Maire, de se battre pour protéger notre patrimoine végétal, comme d’autres maires l’ont fait dans le sud-ouest. Se battre pour expérimenter de nouveaux traitements, c’est donner une chance de conserver une partie de notre patrimoine végétal et c’est aussi préserver l’argent public (l’abattage coute très cher ainsi que la replantation). Nous demandons à Madame le Maire, de mettre en place une charte de l’arbre ainsi qu’une véritable charte de la démocratie qui permette aux Avignonnais de pouvoir participer concrètement à des décisions telles que l’abattage d’arbres qui modifient considérablement le cadre de vie.

Pour le Groupe local EELV Avignon

Jean-Pierre Cervantes, porte-parole

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