Trahison et mépris !

Publié le par Europe Ecologie-Les Verts Grand Avignon

Trahison et mépris !

En Conseil Municipal du 27 avril 2016, la majorité a enterré sa promesse de campagne sur la gratuité des transports en commun en votant contre l'amendement soumis par les écologistes qui souhaitaient rappeler cette demande au Grand Avignon.
De même la majorité a décidé de maintenir sa demande de poursuivre la LEO jusqu'au carrefour de l'Amandier et envisage un super échangeur qui ne résoudra pas le problème des embouteillages à prévoir sur la route de Marseille et qui supprimera encore plus d'espace agricole de la ceinture verte.
Enfin la municipalité s'obstine à vouloir abattre des arbres sains sur la place Saint Didier malgré une pétition signée par 500 personnes.
La municipalité a aussi confirmé les baisses de subventions aux associations et notamment certains théâtres emblématiques.

Interventions des élus écologistes au Conseil Municipal, Olivier Gros et Jean-Pierre Cervantes

Madame le maire, chers collègues

Les élus écologistes se félicitent qu'enfin le Grand Avignon se dote d'un PDU et nous avons d’ailleurs très largement contribué à son élaboration.

Dans l'ensemble, les actions proposées dans ce PDU, vont dans le bon sens et l 'investissement important relatif à la restructuration du réseau de transport en commun autour d'un tram et des lignes de bus à hautes fréquences, nous semblent essentielle.

Deux remarques toutefois.

1) Nous sommes surpris que la majorité municipal ne regrette pas l’absence de la gratuité des transports en commun alors que cette revendication était portée par la liste majoritaire. Les écologistes ont été très surpris de constater que la majorité à même voté une augmentation des tarifs de la TCRA qui entrera prochainement en vigueur.

Afin de demeurer fidèles à l'engagement de campagne que nous avions défini ensemble, nous vous proposons madame le maire de faire voter le premier amendement suivant :

« La ville d'Avignon regrette que le PDU n'inclut pas de mesures visant à réduire le coût des transports en commun pour les particuliers et n'envisage pas une libre circulation (sans ticket) comme c'est le cas dans plusieurs villes de France . Cette gratuité des transports en commun, en liaison avec l'implantation de parkings relais, serait de nature à encourager fortement le report de la voiture vers les transports en commun. Cette mesure pourrait être instaurée à minima de manière progressive ou à titre expérimental, par exemple pendant les travaux du tram sur les axes embouteillés , ou durant le Festival, ou encore les week-ends. »

Deuxième remarque :

2) Nous lisons dans le texte qui nous est présenté : « La ville réaffirme l'urgence d’accélérer la réalisation de la LEO , notamment la concrétisation à court terme de la phase 1 de la tranche 2 permettant la jonction du tronçon actuel avec le réseau départemental du nord des Bouches -du-Rhône. »

Les écologistes se réjouissent que la ville reprenne l'idée que nous avions avancée du raccordement au réseau départemental du nord des Bouches du Rhône mais souhaitent que la Ville prenne position clairement pour un tracé de jonction à Bonpas situé en totalité sur les Bouches-du-Rhône.

En effet, nous nous interrogeons sur le sens de la première partie de la phrase « La ville réaffirme l'urgence d’accélérer la réalisation de la LEO » en commission des finances, il nous a été répondu par le directeur de cabinet que la ville était favorable à la LEO avec son arrivée au carrefour de l’amandier, cela ne correspond pas aux déclarations du maire qui dit publiquement, ne pas adhérer au tracé actuel de la LEO arrivant à l'amandier. Nous partageons cette opinion car un débouché de la LEO à l’amandier serait une folie, à la fois pour les deniers publics, pour la qualité de l'air sur un secteur densément urbanisé, pour les embouteillages prévisibles sur une route de Marseille déjà saturée aux heures de pointe et pour le massacre de la zone verte d'Avignon.

Nous proposons de changer le texte et nous vous proposons de faire voter le second amendement suivant :

« La ville réaffirme l'urgence de concrétiser à court terme la phase 1 de la tranche 2 permettant la jonction du tronçon actuel avec le réseau départemental du nord des Bouches -du-Rhône.

La ville d'Avignon souhaite mettre très rapidement en place un itinéraire de délestage de la rocade par le réseau départemental du nord des bouches du Rhône, notamment pour le transit des poids lourds. Une signalisation routière à cet effet est souhaitée en urgence en tant que première mesure.

En effet, il y a un problème de santé publique pour les habitants de la rocade qui subissent une pollution atmosphérique et les études montrent que cela conduit à un important taux de décès prématurés.

Ce raccordement au réseau départemental (RD 576) est donc à réaliser de toute urgence.

En revanche, la ville d'Avignon n'est pas favorable à l'aboutissement de la LEO au carrefour de l'amandier et demande la mise à l'étude d'un raccordement de la LEO au pont de Bompas par les voies existantes , sauf sur le secteur urbanisé de Chateaurenard où il est souhaitable de réaliser un contournement Nord. »

Merci chers collègues pour votre attention.

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Mme le maire , chers collègues

Comment ne pas voter une délibération dont le titre est « Pour une Ville ( avec majuscule) plus apaisée, plus humaine et plus attractive » presque un slogan de campagne !

Plus sérieusement, le document qui est consultable au secrétariat du conseil est un bon document de cadrage et de déclaration d'intentions.Nous y retrouvons retrouve presque toutes les idées apportées par les écologistes et nous voterons bien évidemment cette délibérations.

Nous la voterons en étant toutefois très attentifs à sa mise en œuvre, cette majorité, nous habitue à des documents magnifiques sur la culture, le cadre de vie, la propreté, la sécurité, la démocratie participative, la charte de végétalisation, la charte de qualité de l'espace urbain, la charte de la vie associative etc...et au final, une mise en œuvre plus que décevante, voire qui marque un recul certain, notamment par des moyens trop faibles tant financiers qu'en terme de personnel .

Ce document qui je le répète contient de très bonnes intentions n'apporte pas de nouveautés par rapport à la réflexion que j'avais engagée avec les services, il y a un an déjà. Le chemin des canaux était sur les rails ainsi que la piste cyclable du pont Daladier et du Pont du Royaume, le plan pour les arceaux vélos était en préparation, le chaussidoux avait été expérimenté,la pietonnisation de l'intra muros pendant le festival réalisée, le plan de sécurisation autour des écoles lancé, l'agrandissement des parkings Piôt et Italiens réalisés, en bref pratiquement tout ce qui est magnifiquement répertorié dans ce document.

Nous nous posons donc la question de ce qui a été fait concrètement en un an ?

Nous regrettons de ne pas trouver dans ce document le réaménagement de la rue de la république , lorsqu'on voit l'anarchie du stationnement sur cette rue et ailleurs, on est en droit de se poser des questions sur l'ambition de faire changer les mentalités avec les moyens de contrôle pour faire respecter les réglementations ( page 6 du document).

Pas référence dans ce document au système informatique que j'avais demandé afin de faciliter la délivrance des arrêtés de circulation qui prend énormément de temps aux agents, pas de référence à un règlement de voirie.

Je profite de cette occasion pour remercier les agents du services circulation dont je connais l'engagement et qui travaillent à flux tendu.

Nous sommes déçus de ne pas retrouver dans ce document la volonté, comme cela avait été convenu avant le départ des écologistes, de bannir les grands bus de l'intra muros au profit de petites navettes et de préférence électriques.

Déçus de ne pas y trouver l'ambition d'une logistique urbaine pour éviter que les poids lourds ne pénètrent dans l'intra muros.

Interloqués de ne pas trouver l'engagement de réduire le transit des poids lourds sur la rocade.

Dépités de ne pas retrouver l'engagement de campagne sur la gratuité des transports en commun même si cela , comme beaucoup de choses, relèvent du Grand Avignon. ( mais nous en avons déjà parlé lors de notre précédente intervention)

Nous n'avons pas trouvé dans ce document de référence claire à la maison du vélo sur le modèle de la ville de bordeaux qui prête des vélos à ses habitants et dont nous avons longuement parlé avec le maire.

Nous voterons donc cette délibération en espérant que l'engagement sera à la hauteur du discours.

Avant de conclure, nous aimerions avoir quelques précisions sur la commission « sécurité routière et mode actifs » quant à sa composition, son fonctionnement et l'enveloppe budgétaire associée.

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Mme le Maire, chers collègues

Les élus écologistes saluent l'effort de simplification et de mise en cohérence des tarifs de stationnement.

Ces nouveaux tarifs assurent une plus grande lisibilité et s'intègrent dans un plan destiné à favoriser le stationnement de longue durée dans les parkings relais, de moyenne durée dans les parkings à ouvrage et réserver le stationnement sur voirie aux courtes durées. C'est un premier pas timide vers une solution.

Nous voterons donc cette délibération qui va néanmoins dans le bon sens.

Malgré les mesures proposées dans ce document, la solution proposée ne peut toutefois pas répondre au problème.

En effet, le stationnement en voirie est gratuit entre midi et 14h et reste très attractif par rapport aux parkings en ouvrage .

Les avignonnais continueront donc à tourner pour chercher des places en voirie moins chères , cela continuera à créer de la pollution et ne résoudra pas le problème du stationnement en intra-muros pour accéder aux commerces, professions libérales et administrations, ce qui pénalise le centre ville.

Une solution consisterait à offrir la gratuité dans les parkings en ouvrage pour par exemple, une heure, de façon à faire les courses rapides . Plus besoin de se poser de question, pour une courte durée, on se dirige vers les parkings en ouvrage. Pour déposer ou retirer un paquet, 15mn gratuite en voirie ( il faut pouvoir contrôler, j'y reviendrai). Pour des stationnements plus longs, les parkings relais et périphériques avec une navette gratuite car pour des durées plus longues le tarif en intra- muros, quel qu'il soit doit dissuader et favoriser les parkings relais sauf le soir pour les événements culturels .

Pour rendre le stationnement en ouvrage plus attractif que celui en voirie ( et donc éviter que les automobilistes tournent pour chercher une place), il faut pouvoir jouer sur les tarifs respectifs et contrôler l'ensemble de l’offre de stationnement plutôt que de confier la gestion des parkings en ouvrage à un délégataire dont le but est une rentabilité du parking. On peut envisager une structure commune pour la voirie et les ouvrages ,sous une forme à déterminer mais sous le contrôle directe de la municipalité.

Lorsque l'on maîtrise l'ensemble des moyen de stationnement, il devient plus aisé de moduler les différents tarifs en fonction de l'objectif souhaité.

Avoir confié à Indigo la gestion des parkings qui étaient faite par Avignon Tourisme n'a pas été une décision dans le bon sens , nous l'avons déjà dit.

Il faut de plus se doter de moyens techniques et humains pour contrôler le stationnement de 9h à 19h y compris le samedi.

Cela passe par une augmentation des ASVP ( Agent de Surveillance de la Voie Publique). Sans compter que la présence de personnel municipal sur la voie publique permet de rassurer, pacifier, signaler les problèmes divers et aider si besoin les avignonnais ou les touristes.

Il faut bien évidemment d'autres mesures qui ne sont pas de l'ordre des tarifs de stationnement pour opérer un report modal et faciliter les déplacements doux, mais c’était l'objet de la délibération précédente.

Nous rappelons de plus que la gratuité des TC seraient de nature à augmenter l'attractivité du centre ville.

Nous espérons qu'une réflexion dans ce sens sera engagée pour créer une structure qui contrôle l'ensemble des moyens de stationnement.

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Intervention place St Didier

Mme le Maire, chers collègues

Les élus écologistes profitent de cette délibération pour manifester notre mécontentement sur ce projet.

Il nous avez été dit, ici même en Conseil Municipal, que ce projet avait fait l'objet d'une large consultation et d'un consensus.

Soit cela était un mensonge, appelons un chat un chat, soit la situation a changé depuis.

Dans les deux cas, le droit d'information des conseillers municipaux a été bafoué car nous n'avons pas reçu l'information que 500 personnes ( excusez du peu) se sont opposées au projet au moyen d'une pétition.

Ayant été informé de cette pétition, j'en ai informé la commission des finances qui s'est réuni la semaine dernière.

Il m'a été répondu qu'aucun des signataires n'était riverain. Cette réponse d'un membre du cabinet qui se reconnaîtra, est à la fois mensongère et stupéfiante.

Mensongère car après vérification, elle a été signée par de nombreux riverains et plusieurs commerçants.

Stupéfiante car on voudrait nous faire croire que cette place ne concerne que les riverains et pas les autres habitants, alors qu'il s'agit d'une place symbolique d'Avignon.

Sur le fond, on peut se féliciter de piétonnier cette place, mais a-t-on besoin d'engager plusieurs millions pour cela ? A-t-on besoin d'abattre les pins existants ? cela devient une manie de vouloir abattre des arbres sains à Avignon !

Enfin, rappelons nous que la politique c'est « faire des choix » et d'autant plus en période de budget contraint.

A l'heure où l'on baisse les budgets aux associations, est-il raisonnable d'investir dans le bétonnage d'une place et l'abattage d'arbres.

Cet argent, ne serait-il pas plus utile à une école d'art ou à maintenir les subventions aux associations notamment celles culturelles.

Plutôt que d'investir dans le béton et l'abattage d'arbres sains, il vaut mieux investir dans les humains et maintenir notre tissu culturel et associatif.

Nous nous étions interrogés lors de la délibération sur l'aménagement de la place St Didier sur les raisons qui avaient motivé cette priorité. Face à cette pétition et au mécontentement qui monte dans le monde culturel, nous vous demandons Madame le Maire de revenir sur votre choix.

Il est bien suffisant de pietonniser cette place sans couper les arbres sains et sans rendre un plus minérale qu'il ne l'est le centre ville d'Avignon.

Merci chers collègues pour votre attention.

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INTERVENTION SUR LA DELIBERATION 5 CONVENTION ISTS

Ce projet de convention soulève plusieurs questions.

  • Cela fait 30 ans que l’ISTS existe, et très peu d’informations sont publiées sur ses activités. De ce fait, nous ne savons pas quelles sont les retombées pour la ville de l’effort substantiel qui lui est consenti.

  • Il est dit que l’ISTS contribue à la création d’un cursus en apprentissage de machiniste, mais cela se passe à Marseille ; et on nous demande de financer. Et cela au moment où on comprime les subventions de structures culturelles dont l’utilité publique ne fait, elle, aucun doute. Je pense notamment à l’école d’art menacée de fermeture.

  • Il n’y a pas seulement deux centres de formations à ces métiers en France. Rien qu’à Lyon, il en existe deux : le GRIM et l’ENSATT avec qui le Festival d’Avignon collabore régulièrement. Il existe aussi une école à Strasbourg.

  • Est-il cohérent que la Ville finance un organisme de formation professionnelle, alors qu’il s’agit d’une compétence régionale ?

Nous ne disons pas que la présence de l’ISTS soit inutile pour Avignon, mais nous nous ne sommes pas d’accord pour consentir sans plus d’informations un effort de 140.000 Euros, qui plus est au moment où la survie de l’école d’art est en jeu.

Nous vous rejoignons toutefois sur l’opportunité d’examiner en profondeur, en lien avec les autres collectivités concernées, les possibilités de développement d’un pôle de ressources en formations sur ces métiers à Avignon.

INTERVENTION SUR LA DELIBERATION 6 CONVENTIONS D’OBJECTIFS

Madame le Maire,

Plusieurs remarques.

Vous nous proposez d’approuver des conventions triennales dont le montant financier est renouvelable annuellement. Cela revient en fait à limiter à un an l’horizon des équipes concernées pour élaborer des projets artistiques, ce qui est très peu dans des métiers où les programmations de spectacle se font longtemps à l’avance. Sur le papier c’est trois ans, mais concrètement, c’est un an. Le message ainsi envoyé aux intéressés n’est pas propice créer des relations de confiance mutuelle avec la municipalité.

Ce système contractuel à géométrie financière variable illustre la contradiction dans laquelle vous vous trouvez : vous avez la volonté de porter une politique culturelle ambitieuse (voir la délibération-cadre du mois de Mars) mais vous ne posez pas en même temps la question des moyens. Du coup, vous rabotez les uns et les autres, au risque de provoquer le découragement de nos créateurs locaux, ou plus grave encore, la disparition pure et simple de l’école d’art, fort malmenée depuis quelques années déjà, et à propos de laquelle nous souhaitons être rassurés.

Posons donc ensemble la question des moyens !

A notre avis, la première chose à faire serait de mesurer le volume exact de la dépense publique culturelle à Avignon, en prenant en compte 3 sources de financements :

  • Les services publics municipaux (musées, bibliothèques…)

  • Les subventions municipales aux associations

  • les autres subventions publiques votées par les différentes collectivités

Cette approche globale permettrait d’approcher ce qu’il est possible de faire dans les années à venir, selon une vision nécessairement prudente en raison du contexte général des finances publiques.

Il serait alors possible d’énoncer des orientations stratégiques enfin cohérentes avec les moyens publics disponibles, et de les mettre en débat avec les professionnels et le public avignonnais, non pas sous la forme d’une concertation ponctuelle comme les états généraux de 2014, déjà lointains, mais sous la forme d’une conférence annuelle qui permette chaque année de se donner rendez-vous pour échanger, débattre, critiquer, proposer.

Une deuxième idée consisterait à aligner toutes les conventions triennales sur une même date de départ et d’arrivée. Cela permettrait, en début et en milieu de mandat, d’attribuer des moyens en fonction des orientations préalablement fixées , et en s’engageant à ce moment-là pour trois ans (même si juridiquement les subventions continuent à être votées annuellement).

Nous espérons, Madame le Maire, que vous reprendrez ces propositions dans votre réponse.

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