Création d’un groupe de réflexions: Espace large et ouvert à tous pour parler de la culture, de son avenir à Avignon

Publié le par Europe Ecologie-Les Verts Grand Avignon

« Il ne faut pas une place mais toute la place pour la culture »

Olivier Py

Création d’un groupe de réflexions

« La Quadrature du Cercle »

Espace large et ouvert à tous pour parler de la culture, de son avenir à Avignon

Nous, groupe local d’Europe Ecologie Les Verts, coopérateurs, sympathisants de la société civile, constatant un besoin de dialogue sur le rôle et la place de la culture dans et pour Avignon, souhaitons mettre en place un groupe de réflexions réunissant tous ceux qui, de près ou de loin, se sentent concernés par ces enjeux et souhaitent en débattre.

C’est pourquoi nous créons La Quadrature du Cercle un groupe en dehors des clivages politiques, espace volontairement large et ouvert à tous.

La première réunion aura lieu le lundi 3 octobre 2016 dès 18h00 (lieu à préciser).

Pour nous joindre : laquadratureducercle84@gmail.com

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Nous prenons acte de la délibération « une ambition culturelle pour Avignon » présentée lors du conseil municipal du 23 mars 2016, et saluons l’effort d’inventaire comme de synthèse proposé par ce texte. Il fait – enfin – une analyse relativement exhaustive de l’existant. Il traduit la profusion hétéroclite de la politique culturelle laissée par la précédente équipe.

En délimitant des pôles, cette délibération démontre que le Maire actuel et ses services s’efforcent d’y voir plus clair, même si nous constatons des oublis : ne sont évoquées ni les musiques du monde, ni le cinéma, en dépit de la présence d’Utopia, bénéficiant d’un lieu mis à disposition par la Ville, ou d’une initiative telle que Le Pandora, qui renforce la position privilégiée d’Avignon dans ce domaine. De même, les établissements culturels du Grand Avignon, mais implantés dans la Ville, doivent être considérés comme un élément de la politique culturelle pour Avignon.

Nous prendrons cet état des lieux comme le plan de nos futures discussions, en y intégrant ces éléments.

Néanmoins, « l’ambition culturelle pour Avignon » ne doit pas se limiter à cet inventaire de l’existant, d’autant que les pistes tracées dans ce texte ne dépassent pas l’horizon 2017. Nous nous interrogerons donc sur le déploiement de ces projets sachant que le mandat du Maire court jusqu’en 2020.

Quels moyens devons-nous consacrer à cette politique ?

Ce point n’est pas abordé dans cette délibération et doit faire l’objet d’un débat. Dans la situation de perte de dotations de l’Etat, comment serons-nous, à terme, capables de financer ces équipements ou projets ? Cette perte de dotation est-elle si importante que l’on veut bien nous le faire croire ? Quel pourcentage cela représente-t-il par rapport aux recettes de la ville ? On voit bien tout l’effort qu’il reste à faire pour traiter la question de fond/fonds.

Devons-nous tout conserver en l’état ? Sinon, que devons-nous garder ?

Si, comme d’autres, nous pensons que la culture « est le pétrole » d’Avignon, basons nos politiques comme nos ambitions sur cette ressource qui nous est donnée depuis de nombreuses années. Faisons-en un atout, un pilier de nos politiques publiques locales.

C’est un véritable enjeu, d’autant que, et c’est le propre de la vie culturelle, d’importantes initiatives sont proposées. Si l’existant est conséquent, la nouveauté est attirante. Elle doit faire partie de notre « ambition culturelle » au risque de tout figer.

Autre question, primordiale à nos yeux, posée à juste titre tout au long de la délibération, celle de « la relève ».

Si nous saluons la création d’un label « pépite culturelle d’Avignon » puisqu’il vise à la fois des initiatives originales, singulières, novatrices pour notre ville, méfions-nous que sans moyen ou volonté forte, il ne soit qu’un « gadget » de communication.

Pourquoi Avignon, ville dotée du plus grand festival de théâtre du monde, compte-t-il aussi peu d’artistes créateurs installés dans LA ville du théâtre ? Y ont-ils été incités ? Y seront-ils à l’avenir ?

Comment initier la venue de compagnies de renommée nationale ou internationale pour assurer la relève aussi bien des lieux que de la notoriété de la Ville de par le monde ? Sinon, comment faire pour que les compagnies et artistes qui développent déjà un projet à Avignon puissent utilement être repérés et devenir les « ambassadeurs » de cette profusion Avignonnaise ? Quels dispositifs doivent être mis en place pour rendre notre cité attirante à ces créateurs, piliers d’une vie culturelle digne de ce nom ? A quoi servirait cet état des lieux si, dans quelques mois ou années, nous ne devions plus compter sur l’un ou l’autre lieu ou artiste qui fondent la vie culturelle à l’année de la Ville ?

Nous ne pouvons que soutenir le projet de mettre fin à une logique de « rentiers » évoquée dans cette délibération. Cela décrit bien l’héritage de plusieurs années de laxisme vis à vis d’un festival attractif mais envahi par « des marchands du temple » dénués d’un véritable engagement pour cette ville en dehors de juillet. Que faire de ces lieux fermés onze mois sur douze ? De ces bâtiments prestigieux (prison, hôtel des Monnaies, églises…) ? Que peut faire une Ville pour « inciter » des propriétaires privés de s’associer à la volonté de redonner vie aussi bien au centre-ville qu’aux quartiers ? Toute la question est là, car notre marge de manoeuvre est restreinte, faute de moyens ou faute de fléchage… Des contraintes fiscales, d’autres actions gagnant/gagnant que celles évoquées dans cette proposition ne peuvent-elles pas être étudiées ?

L’instauration d’activités artistiques dans le temps périscolaire depuis 2014 est un moyen appréciable de renouer avec les fondamentaux de l’éducation populaire chère aux pères fondateurs du Festival. On ne peut que saluer la création d’un « pass culture » qui offre une alternative aux jeunes qui voudraient profiter des équipements culturels financés par la Ville. Encore faut-il veiller à l’appropriation réelle de cet outil par un accompagnement adéquat, via différents relais de proximité. Peut-on envisager une action en binôme, associant un quartier et une équipe de création, sur la durée d’une convention triennale ?

S’il faut appeler à une plus grande démocratisation culturelle en englobant l’extra-muros dans tous les projets culturels à venir, il n’en reste pas moins que les équipements sont construits et ouverts en centre-ville. Notons qu’une des rares salles municipales en extra muros, comme la Salle Polyvalente de Montfavet reste ce que l’on appelle « un garage » ouvert à la location, sans ligne ni moyens de programmation.

Nous savons bien que l’été, il est très difficile de faire circuler le public, la presse, les professionnels en dehors des remparts. Mais si les transports en commun, se développent, se structurent, il n’est pas impossible d’y parvenir. Par exemple, la Biennale de danse de Lyon arrive à rayonner au-delà du centre-ville pour aller jusqu’à Villeurbanne et d’autres villes de l’agglomération. Il serait opportun de réfléchir à ce sujet à un système de navettes plus régulier tout au long de l’année. Les navettes cultures gratuites, des parcours cyclables fléchés pour rejoindre les lieux culturels comme les bibliothèques, les centres culturels de l’extra-muros où il se passe tant de choses…

Pensant, que la parole citoyenne est essentielle dans la vie de la cité, nous proposons de mettre en place un temps spécifique d’échanges autour de ces questions avec dès septembre 2016 des réunions tous les deux mois. Nous invitons toutes les personnes attentives à ces questions, à participer à cet échange dès le 3 octobre 2016 à 18h00.

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