Interventions des élus écologistes Olivier Gros et Jean-Pierre Cervantes au Conseil Communautaire le 15 Novembre 2016

Publié le par Europe Ecologie-Les Verts Grand Avignon

Interventions des élus écologistes

Olivier Gros et Jean-Pierre Cervantes

au Conseil Communautaire le 15 Novembre 2016

 

 

Les élus écologistes saluent naturellement toutes les mesures qui peuvent favoriser l'usage des transports en commun, même les plus embryonnaires ou symboliques.

Vous comprendrez qu'en ce sens, nous voterons en faveur de cette délibération en ayant bien conscience de son impact plus que limité.

En effet, cette ébauche de mutualisation ne concerne que deux titres de transport à savoir les abonnements mensuels ou annuels tout public ou jeunes de -25ans en formation.

Il serait d'ailleurs souhaitable que nous soyons informés précisément du pourcentage des usagers concernés tant à Transvaucluse qu'à TCRA par le projet que vous nous présentez ainsi peut être que son impact financier. J'espère que vous serez en mesure de nous fournir ces informations qui font défaut nous semble-t-il dans ce projet de délibération.

 

On est bien évidemment très loin d'un véritable système de billetterie multimodale. Peut-on espérer avec cette mesure une incitation à ne pas utiliser sa voiture sur un trajet régulier ?

Nous pensons que l'impact de cette mesure sera très appréciée par ceux qui utilisent déjà régulièrement les transports en commun mais n'aura qu'un effet marginal incitatif sur ceux qui n’utilisent pas ou de manière occasionnelle ( ticket à l'unité) les transports en commun.

L'urgence climatique ( COP 21 et 22) ainsi que l'urgence sanitaire ( 150 morts prématurées dans l’agglomération en raison de la pollution atmosphérique) voudrait que nous ayons une politique volontariste pour proposer une alternative à la voiture individuelle.

Le Grand Avignon en votant un projet de Tramway et de bus à haute fréquence est sur la bonne voie, il n'en reste pas moins que les habitudes sont tenaces. Nous le répétons une nouvelle fois, il faut une mesure choc pour inciter les automobilistes à utiliser les transports en commun notamment sur la ville d'Avignon. La gratuité des transports en commun est de nature à créer les circonstances d'un changement d'habitudes pour un nombre significatif de citoyens. Les résultats dans la trentaine d’agglomération en France qui ont franchi le pas, certaines depuis plus de 30 ans , démontrent l'efficacité de cette mesure.

A ce propos, nous aurions aimé le soutien des élus PS et Front de Gauche de la Ville d'Avignon qui ont porté avec nous ce projet pendant la campagne. Leur silence est assourdissant !

 

Comme nous avons pu le lire dans la presse locale, d'autres que nous maintenant, demandent d'urgence des parkings relais en entrées de ville et notamment au nord des Bouches du Rhône avec des navettes pour se rendre au centre ville d'Avignon ou à leur travail.

 

Certes la gratuité à un coût, mais il existe de nombreuses mesures pour compenser la perte de recette provenant de la vente des tickets.

En créant 5000 places de parking relais à 2€ la journée pour les habitants du Grand Avignon, on finance largement ce manque à gagner lié à la vente des tickets.

Si la gratuité des transports en commun génère un blocage, on peut envisager un pass annuel autour de 50€, tout cela se discute, l'important est d'avoir une mesure choc et de la faire connaître.

De plus la période de construction du TRAM est le moment idéal pour tenter une expérience sur le tarif des transports en commun. D'une part c'est une expérience sur une durée limitée ( 2 ans), ce qui peut rassurer certains, d'autre part, c'est le moment d'offrir une alternative à la voiture individuelle alors que le trafic est très perturbé, enfin, habituer les habitants du GA à utiliser les transports en commun, c'est aussi garantir le succès du futur Tram et des Bus à haute fréquence.

Mais en plus et surtout, les exemples dans une trentaine de ville de France l'ont prouvé, on agit sur la pollution, les dégagements de gaz à effet de serre, on améliore le vivre ensemble, on fluidifie le trafic automobile , on améliore la compétitivité économique en améliorant les déplacements et on augmente l'attractivité de notre agglomération.

Nous savons tous pertinemment que le nombre de voyage par habitant en transports en commun est bien inférieur chez nous à la moyenne nationale.

La mesure qui nous est proposée aujourd'hui est symbolique, il est temps Monsieur le président, Mesdames et Messieurs les Vice-Présidents, chers collègues de prendre la mesure du problème et de relever le défi d'un transfert modal pour nos concitoyens.

 

 

 

Notre intervention se concentrera sur trois aspects.

 

Priorités du programme.

 

Concernant le protocole de préfiguration du nouveau programme national de renouvellement urbain.

On peut lire à l'article 4 les priorités fixées à l'équipe qui apportera une assistance à Maîtrise d'Ouvrage.

Nous approuvons les axes prioritaires et souhaitons ajouter quelques aspects essentiels à notre avis qui sont certainement dans les têtes mais qui ne figurent pas dans cette liste de priorités.

Nous pensons notamment à :

La création d'espace verts,jeux pour enfants, jardins partagés et composteurs en pieds d’immeuble.

La maîtrise énergétique par l'isolation et l'efficacité du système de chauffage pour des population en grande majorité en situation de précarité énergétique.

Faciliter le tri des déchets et le garage sécurisé des vélos.

Utiliser les toitures pour la production d'énergie solaire ou thermique.

 

A notre avis ces priorités sont de nature à améliorer grandement la qualité de vie dans le périmètre du NPRU, de plus, nous sommes engagés dans un projet de territoire à énergie positive et à ce titre, nous saluons l'étude relative au réseau de chaleur.

Sans rentrer dans le formalisme d'un éco-quartier, nous suggérons que ce programme s'inspire de ce concept pour proposer cette rénovation urbaine.

 

Incohérence de l'arrivée de la LEO au carrefour de l'amandier.

 

Faire déboucher la LEO au carrefour de l'Amandier, c'est au mieux reporter les problème de pollution atmosphérique et plus certainement les augmenter en générant un transit de véhicules plus grand dans l'agglomération du GA. Transit qui va déboucher dans une zone fortement peuplée et avec l'ambition d'une rénovation urbaine. N'y voyez vous pas chers collègues une contradiction évidente ? Pensez vous que c'est ainsi qu'une rénovation urbaine se dessine de nos jours ?

La rocade est un exemple de ce qu'il ne fallait pas faire en incluant un axe de grande circulation aux abords d'une zone d'habitation dense.

En faisant arriver la LEO dans le quartier de Saint Chamand, vous vous apprêtez à renouveler exactement la même erreur tout en prétendant vouloir apaiser le quartier et mettre en œuvre un renouvellement urbain. Cette conception de l'urbanisme, avec des zones d'habitation traversées par une autoroute urbaine est digne du siècle dernier et méconnaît tous ces méfaits.

Si la rocade est une barrière, imaginez ce que sera ce super carrefour de l'Amandier ?

 

Suivi par le conseil communautaire :

Un comité de pilotage et un comité technique sont prévus, nous souhaiterions que les compte rendus de ces instances soient transmis aux élus .

On pourrait envisager une commission dédiée à cette question.

 

 

 

Suite à la Loi Brottes et à plusieurs décisions de justice condamnant la pratique des coupures et des réductions de débit, une campagne des industriels de l’eau est en cours afin de persuader les élus que l’équilibre économique des délégataires est menacé. Au point que la Fédération Nationale des Collectivités Concédantes et Régies, (FNCCR) s’en est émue et appelle les élus à la vigilance face aux pressions dont ils sont l’objet pour accepter des augmentations de tarifs (dépèche de l’AFP du 13 octobre 2016).

Je rappellerai que le compte 6541 « créances admises en non valeur » des deux comptes administratifs Eau et Assainissement n’enregistre aucune perte pour impayé en 2015, alors que 3000 € avaient été provisionnés. D’autre part, sur Avignon, l’indicateur des retards à plus d’un an est stable depuis plusieurs années à environ 0,7%. Ceci dément les commentaires alarmistes du directeur local de la SAE lors de la présentation des comptes du délégataire en septembre dernier.

Cet exemple montre que nous ne pouvons plus nous contenter des informations qui nous sont communiquées par le délégataire, qui est à la fois juge et partie. Nous devons aller chercher l’information, pour savoir réellement combien coûte ce service, combien il rapporte au délégataire et à sa maison-mère Veolia Environnement (je précise que l’action a progressé de 80% en deux ans) ; et donc combien il pourrait rapporter à notre collectivité si celle-ci opte pour une régie.

Nous disposons pour cela d’un nouvel outil : la Commission de Contrôle Financier du Grand Avignon, créée par délibération du 22 Septembre dernier. Dans la perspective du regroupement des services eau-assainissement au sein d’une même entité à partir de 2020, il me semble opportun que cette instance, se réunisse au plus tôt et commence à travailler.

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